en toi je vois ma mort
et ma renaissance
ma richesse
et mes échecs
et je me meurs de toi
chaque jour davantage
Feuillets Epars
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en toi je vois ma mort
et ma renaissance
ma richesse
et mes échecs
et je me meurs de toi
chaque jour davantage
Feuillets Epars
une voix qui me touche au coeur
celle de
Magali Yasmina DAMONTE
MALINCONIA
Si le simple fait d'une nouvelle colonisation arrangeante
à coups de changes faciles
agrémentait largement coût et mode de vie du citoyen de l'autre rive
nous le saurions sans peine ... !!
Pourtant, comment ne pas noter et retenir dès nos retours
dans nos contrées occidentales et confortables pour la plupart
ces regards vides d'espoir, ces mains tendues comme machinalement
ces mots si chauds et demandeurs .. d'espoir au bout du compte ... !
Lorsque nous trouvons typiques et colorés ces clichés, ces instantanés
nous le mettons souvent sur le compte d'un simple mode de vie
sans une fois nous interpeller sur l'envers de ce qui attire nos regards
d'une typicité de vie et de comportement que nous citons comme traditionnels !
Ces étals d'objets ... comme ces façades ocres voisinant ces autres fissurées
ces marchés à même le sol nous tendant les bras
ces enfants éparpillés la nuit tombée
ces babouches sous ces vêtements suspendus sous le nez des touristes
à deux pas de cet homme endormi non loin de rebut
ces stands où l'on négocie non le paquet mais la cigarette à l'unité
ces rues où les trottoirs se confondent avec la chaussée
puis plus loin, plus bas dans le pays
ces jets d'eau se mariant aux lumières du creux de la roche de mosquées ..
typiques
ces tapis que l'on marchande sans frémir
ces façades de médinas occidentalisées au prix du départ de tant d'habitants
ces hôtels et banques qui nous semblent si proches des nôtres
par leurs vitres et porches
Non rien de tout cela ne nous étonne et nous interpelle
et lorsqu'on demande d'où vient cet amour du bled
c'est alors qu'on s'entend répondre le bleu azur du ciel scindé de l'astre du jour
c'est alors qu'on s'entend revendiquer des origines méditeranéennes voisines
c'est alors qu'on s'entend avouer un amour irréfréné pour un maghreb frère
loin de toutes autres contingences ...
Je l'entends pourtant encore ce dentiste régulièrement abonné au bled
fêtant avec liesse près de ses confrères déjà installés
le départ du dernier habitant du quartier désormais francisé sans vergogne ..
comme ce directeur aux désirs à peine masqués m'avouant que
son seul désir est d'être enterré au Maroc ...
ou ce fonctionnaire municipal dont une bonne part de ses mensualités
a servi à monter de toutes pièces un habitat de luxe
bien à l'écart de ceux qu'il ne veut bien côtoyer que pour une bonne cause ..
ou encore ce futur retraité sans aucun luxe mais
qui se voit se refaire une santé en gagnant au change
et peut-être même pour tous renaître à une vie meilleure et sans limites !
Maghreb quand tu nous tiens !
je tairais sans hésitation cette retraitée active née au pays du soleil
près d'Alger la blanche lors d'une colonisation sans faille et sans honte
m'avouant ou plutôt m'affirmant sans frémir que loin d'en rougir
leur présence à eux tous sert à coup sûr le quotidien du maghrébin moyen
grâce à leurs devises ... si je le pouvais !
quelle condescendance et quel aplomb !!
cette nuit, ce matin plutôt
j'ai l'âme acerbe et le verbe aigri
les imaginant dans leur sommeil repu
et leurs rêves de pacotilles
à l'ombre et à mille encâblures d'un regard juste éclairé
loin de ces poings levés et ces geôles planquées
loin de ces marches taxées de rebelles
loin de ces habitats de misères et ces grévistes à l'estomac vide
loin de ces hôpitaux sans sécurité où l'on meurt faute de soins
loin de ces revendications dont ils n'ont que faire
loin de ces conforts du coeur au prix de sang versé !!
ma titou
tu me manques !!!
les jours
les semaines
les mois
les années
passent !!
j'ai beau te retrouver
dans un sourire
qui me chavire
un regard aimé
qui enchante
mon sommeil
jusqu'à la voix
cette voix sombre
et rauque
que parfois
tu avais
lorsque tu fumais trop !!
oui je tiens
la main de ta fille
désormais femme
lorsqu'à son tour
elle bat de l'aile ...
mais rien ne peut
effacer
cette douleur de savoir
que je ne te verrai plus jamaiiiiiiiis
10 ans sont passés !
et quand
je songe à toi
c'est encore
c'est toujours
que je m'attends
à la voir s'ouvrir cette porte
et à te voir paraître !!
oui mon coeur
bat la chamade
à un regard profond
qui a su toucher mon âme !!
oui mon âme
retombe toujours
en adolescence
du temps de nos frasques
et nos billets planqués
griffonnés
de relents du coeur...
mais toi la complice
de mes battements de coeur
la capitaine de nos frasques d'antan
tu n'es pas là !!
tu es partie
un jour comme çà
un petit matin à l'aube
sans crier gare...
sans même un
au-revoir
et je pleure ce vide
comme là encore
parfois !
Pinocchio de coulisse
tu as cassé ton jouet
et non content
de perdre
tu t'es acharné
à tout briser autour !
Triboulet des failles
tu jubiles
de celles des autres
tu t'enchantes
de leurs malheurs !
pauvre Canio
pleure tes amours mortes
regardes les
ils rient de toi !
Verdi
Puccini
Bizet
Gounod étaient
ta quête et ton bréviaire !
duc de Vérone
Iago de l'ombre
Escamillo
Germont
Masetto le paysan naîf
Amonasro
Scarpia ...
......
souviens toi
tes médailles
tes honneurs
tes bravos
où sont-ils donc
désormais
à vouloir
dominer jusqu'au plus humble !
le seul retour
dont tu profites
est celui
dont tu riais hier
dont tu narguais
l'impossibilité
F D
demande-t-on ...
- à un grabataire de sourire d'être toujours vivant quand il a tout perdu des siens ??
- à un aveugle pourquoi certains jours il ne veut plus sortir au dehors bien qu'il puisse marcher ..??
- à un unijambiste pourquoi il lui vient de refuser un beau jour de mettre sa prothèse en lui faisant remarquer la chance qu'il a ??
- à un suicidaire de se secouer pour galoper comme les autres kan lorsqu'il s'endort le soir il ne rêve que de ne pas se réveiller ??
escapade de deux
trois jours??
ou comment peut on trouver
de ses pires ennemis
au sein des siens
les plus proches ....
ne pouvoir partir
ni rester
attendre l'aube
après s'être fait trucider
salir, assommer
une fois de plus
une fois de trop
alors que sans s'y attendre
il aurait pu le supposer...
je l'ai croisé
l'air juste hagard
un sac sur le dos
l'air vague
qui semblait tituber
j'ai continué mon chemin
............... !!
on lui a montré la porte
ou suggéré de la prendre ?
d'un sourire imperceptible
pour confort personnel et
assurance de vie ...
comble de gratitude
et respect d'un non-conflit
ce n'est qu'une demi heure plus tard
que
nous nous sommes croisées
au cours d'une de ces nuits
où les corbeaux se taisent
et les portes clôturées
deviennent soeurs
de ces volets ... clos
les terrasses encore à moitié pleines
où non loin
erraient damnés de la vie
et vieillards de vingt ans
sans un sou en poche
ni espérance de rien ..
nous fîmes mine de nous diriger
à l'angle de l'une d'elles
mais
ce n'est qu'en longeant un trottoir
qu'elle se confia ..
dès lors tout y passa
la beauté d'un enfant complice
le regard d'une fille/femme
et ces mots qu'elle ne comprenait plus
et la ramenait en un passé révolu ..
ces mots frères d'autres
qu'elle avait fui
enfant, puis femme
ces mots pour plaisanter,?
qui la blessaient dans l'ombre
et qu'elle masquait
d'un rire complice ...
elle retrouva ces gestes d'autrefois
ces gestes où elle hurlait le manque
d'un regard d'une mère
si froide et intransigeante
ces gestes où pour l'amadouer
l'apprivoiser elle en devenait moins qu'une domestique
en quête de l'ombre d'un sourire
ou d'un intérêt quelconque ..
ces gestes de désespoir et d'abandon de vie
pour implorer
une obole d'attention ou l'appui d'un père ...
nous marchâmes
jumelles de nos maux
nos pas martelant à peine le sol !!
je regardais l'heure
..entendant ses mots
si près de mon oreille
prête à aller comme ces autres
faux riches à deux balles
faisant la niche
à ces autres milliardaires de moins que rien
prête à nous attabler
deux futures vieilles
pour ne pas nous quitter d'un coup !!
mais non
les chaises s'empilaient
les serveurs esquivant les derniers clients
l'heure approchait où seuls ne subsistaient
que ces malheureux
dont on ne devine le sens
que lorsqu'on les perçoit
à la nuit tombée
loin des attraits de ces façades clinquantes
réservées aux nantis et à ces fonctionnaires du coeur
elle se tut un instant
je ne trouvais rien à en dire ..!
je la croise parfois
dans un miroir d'abribus
ou une glace de magasin
où elle retouche son léger maquillage
ou une mèche rebelle ..
demain oui ou un autre matin
peut-être
ce sera elle qui m'écoutera
ou fuira-t-elle
comme bien souvent
pour ne retrouver vie
au creux d'un crépuscule
où les traits de nos visages
font mine de s'estomper
pour nous faire croire
à une éternité de vie ......
la transition est comme l'archet de la corde
par contre quels qu'en soient les effets
ma vidéo ne sera jamais une symphonie .. ni un Van Gogh
même si je peux y passer
des heures & des nuits & des journées
ou recluse lorsque çà me prend .....
Il s'est laissé
mourir
sans se l'avouer
pour un regard
pour un mot
pour ce geste
qu'il n'attendait plus
on l'a trouvé
un beau
matin
quelques jours
plus tard
après qu'on
ne
le voyait plus..
inerte
dans cet appartement
que personne ne
connaissait
vraiment !
des sirènes pourtant
tournaient
sans alerter personne
forcément
c'était période de
fêtes !
il s'est endormi
endolori...
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24 juin1979 *********
rassemblement en soutien à Mumia Abu
Jamal *********
pour Salah pour lui dire tout notre soutien . collectif
local de Dijon
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