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DANS LE CADRE D'UN COLLOQUE INTERNATIONAL LE 31 MAI A DIJON
Violences familiales : En parler pour s'en sortir



Un colloque international sur la violence au quotidien se tiendra le 31 mai à Dijon. Une occasion de se pencher sur les violences familiales et conjugales en Côte-d'Or.

L A dernière campagne contre les violences conjugales était volontairement marquante et du fait, particulièrement efficace. Un slogan percutant : «Violences conjugales, parlez-en avant de ne plus pouvoir le faireÊ».

Et un nouveau service téléphonique centralisé, mis en place à la mi-mars, le numéro 3919 (*), destiné aux victimes et témoins de violences conjugales (famille, voisins, amis).


Chiffres en Côte-d'Or


En Côte-d'Or, les derniers chiffres de violences familiales et conjugales sont significatifs, bien que forcément non exhaustifs, car beaucoup de violences ne sont pas déclarées.

La gendarmerie, sur la zone qu'elle couvre dans le département (701 communes, en dehors de Dijon, son agglomération et Beaune), chiffre les violences intrafamiliales pour l'année 2006. « 139 faits ont été constatés l'année dernière dans la catégorie conjoints-concubins, annonce le capitaine Perrin.

Ces faits vont de la gifle au viol et parmi eux, 120 sont des violences dites ''légères''.

Pour les parents victimes d'un enfant ou d'un autre membre de la famille, 26 faits ont été constatés. Enfin, 35 faits ont été comptabilisés sur des victimes enfants. »

Ces chiffres sont relatifs aux plaintes des victimes à la gendarmerie et sont donc loin de recouvrir l'ensemble des violences familiales et conjugales en Côte-d'Or. Si ces chiffres sont en augmentation de 6,10 % par rapport à 2005, ils ne représentent qu'un tiers de la réalité côte-d'orienne, la police ne disposant pas de chiffres aussi détaillés que la gendarmerie sur ce sujet.


Les violences conjugales touchent les femmes et les hommes. Tous deux peuvent être auteurs et victimes.

Toutes les catégories socioprofessionnelles sont concernées. Les violences conjugales vont souvent avec des difficultés ou une absence de communication dans le couple. Les violences ont souvent un caractère ancré dans le quotidien et répétitif.


La présidente de l'association Solidarité femmes, à Dijon, Catherine Sageot, avoue avoir « beaucoup de demandes ». « Depuis quelques années, nous avons entre 600 et 700 appels par an. La violence conjugale est un phénomène d'emprise. Les personnes qui sont victimes perdent leurs repères et sont isolées. »

 Cette association, qui intervient sur toute la région, propose un soutien psychologique pour les femmes, un accompagnement social, une orientation vers les organismes adaptés, des groupes de paroles thérapeutiques, des formations pour divers organismes (travailleurs sociaux, personnels de santé, de justice, gendarmes, policiers) et un hébergement d'urgence dans certains cas.

Elle fait aussi de la prévention dans les écoles et travaille en collaboration avec l'association Althea à Dijon, qui s'occupe des auteurs de violence.


Violences multiples
Il n'y a pas une catégorie de violences conjugales mais une multiplicité. On distingue des grands types. Les violences physiques (coups, mutilations, crachats, strangulations, morsures, brûlures, utilisation d'armes), sexuelles (viols, rapports non consentis, coups et blessures génitaux), psychologiques (chantages, insultes, rabaissements, menaces, harcèlement, jalousie excessive, culpabilisation), socio-économiques (contrôle des sorties, séquestration, pressions financières, professionnelles.).


Il existe une grande diversité de causes des violences familiales. Elles sont spécifiques à chaque situation dans les différents foyers, avec toute la complexité que cela peut comprendre. Catherine Sageot parle de « failles identitaires très profondes ».

« Les auteurs de violence sont souvent des individus qui ont des problèmes de construction narcissique, des doutes sur eux-mêmes. Des éléments qui sont parfois alimentés par l'alcool, l'éducation et la précarité. »

Elle insiste aussi sur « les conséquences très préjudiciables qu'ont les violences sur les enfants qui en sont témoins ».


Pour prise en charge et traiter les problèmes de violences conjugales, de nombreux professionnels du monde médical et des associations (voir ci-contre) existent. Ce sont les assistantes sociales, éducatrices spécialisées, psychologues formées à la spécificité des violences au sein du couple, psychanalystes ou encore les thérapeutes familiaux.


Vincent LINDENEHER

 

Solidarité Femmes
4 rue du Chancelier Hospital

21000 Dijon

03.80.67.17.89

http://www.sosfemmes.com/ressources/contacts_tel_local.htm

http://www.crijbourgogne.com/actuel_bourgogne/actuelb_svq_551.html#6

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