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Les ministres de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy inclus, ont eu recours à cette méthode indiscutablement choquante consistant à réexpédier manu militari les indésirables dans leur pays d'origine (chaque fois du moins que celui-ci est connu).
Cette politique a été marquée par des tragédies - les sans-papiers de Sangatte que l'on retrouve à présent à Cherbourg - et des drames comme la défenestration d'une Chinoise clandestine après celle d'un enfant.
Encouragé par les propos du chef de l'Etat en faveur d'une ferme politique contre les sans-papiers, le député Thierry Mariani a eu l'idée du test ADN pour identifier les fraudeurs du regroupement familial.
Cet élu du Vaucluse, ainsi que le ministre de l'Immigration Brice Hortefeux, n'avaient pas prévu le débat de conscience que provoquerait l'utilisation de la biologie à de telles fins.
Jusqu'ici les tests ADN ne servaient qu'à l'identification des criminels.
Dans notre République, fille de la Révolution, notre Histoire et notre culture nous dictent le refus de cet emploi pervers de la science.
Même chez les amis de Thierry Mariani, les anti-tests sont nombreux. Les sénateurs, en particulier ceux de droite, ont repoussé hier la proposition du député pourtant modifiée, amendée par le ministre.
Certains parlementaires sont farouchement partisans de ces tests ADN, d'autres tout aussi résolument opposés.
La France, terre d'accueil, pays des Droits de l'Homme et du respect de la personne, se serait bien passée de cette polémique.
Mais comment livrer la chasse aux clandestins, puisqu'il s'agit en fait de cela, sans bafouer nos principes sacrés ?
http://www.bienpublic.com/actu/france/20070927.BPA0164.html
Et voilà comment nous autres, nés étrangers par hasard, devenus Français par naturalisation ou immigrés résidant en France de façon régulière, sommes rappelés à notre véritable condition : celle de concitoyens ou de voisins tolérés, là où ne devrait subsister qu’un sentiment d’appartenance nationale fort.
Mais comment pouvoir faire preuve de placidité devant l’infâme, par le détour d’un hymne insidieux à la croissance économique ou d’une fermeté républicaine face aux infractions à la loi censée régir le séjour des étrangers en France ?
D’abord les faits :
Nicolas Sarkozy, nouveau président de la République française a fait de la lutte contre l’immigration son cheval de bataille durant les 5 années de sa magistrature et fixé à son ministre de l’immigration et ami d’enfance Brice Hortefeux, l’objectif du rapatriement de 25 000 immigrés d’ici la fin de l’année 2007.
A ce jour, près de 24 000 personnes ont été refoulées du territoire français dans les pires conditions et au moins pareil traitement inhumain et indigne perpétré par la muflerie européocentrique attend les prochains candidats éligibles au statut d’indésirables sur le sol français.
Pour satisfaire son fidèle compagnon, Brice Hortefeux a proposé une loi instaurant des tests ADN pour les futurs aspirants à l’immigration en France, fortement influencé par l’ambition d’un thuriféraire insipide en la personne de Thierry Mariani, député UMP et aspirant ministre.
Le vote a eu lieu aux premières heures de la journée, à 4h20 précisément, ce jeudi 20 septembre 2007, et en présence de 23 députés.
Approuvé par l’UMP et le Nouveau Centre, rejeté par le PS, le PCF et les Verts, le projet de loi sur l’immigration a été adopté ce jeudi par l’Assemblée nationale.
Examiné en urgence (une seule lecture par assemblée), le texte doit à présent être présenté au Sénat. Le PS a déjà annoncé qu’il en saisira le Conseil constitutionnel.
L’amendement controversé de l’UMP Thierry Mariani a été voté dans une version rectifiée par le gouvernement afin de mieux en encadrer la mise en œuvre.
Les tests ont ainsi été autorisés, à titre expérimental, jusqu’au 31 décembre 2010, pour les étrangers candidats au regroupement familial voulant apporter une preuve de leur filiation.
L’examen génétique, facultatif et fait après consentement exprès du demandeur, lui sera remboursé si le visa est accordé. En outre une commission sera mise en place pour évaluer "annuellement les conditions de mise en œuvre" du dispositif.
Et moi je demande : de qui se moque-t-on ? Loin de s’enflammer, les laudateurs de satrapes ratiocinent, pondèrent, modèrent, allant jusqu’à la relativisation putative de cette monomanie Sarkozienne !............
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En 1988, l’Office national d’immigration devient l’Office des migrations internationales (en 2005 ses attributions sont reprises par l’Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations (ANAEM).
[2] Aujourd’hui, le Haut Conseil à l’intégration définit un immigré comme une personne née étrangère à l’étranger et entrée en France en cette qualité en vue de s’établir sur le territoire français de façon durable. Un immigré peut donc être français s’il a acquis la nationalité française après son entrée en France par naturalisation, par mariage ou par filiation ; inversement, un étranger né en France ne sera pas considéré comme immigré.
Chercheur en sciences politiques EHESS-PARIS
Auteur de l’ouvrage « Terre d’asile etc... » Ed. Le Manuscrit.com